CRA
Centre de Recherches Administratives
Le droit administratif et l'humain
Le droit administratif appréhende traditionnellement la personne à travers diverses qualifications juridiques : il connaît ainsi les figures de
l’administré, du requérant, de la victime, de l’agent public, de l’usager, du collaborateur, du cocontractant, du juge, de l’étranger, de l’électeur, etc.
Bien qu’il ait affaire quotidiennement à lui, il parle peu de l’humain dans son individualité, son intimité, de l’humain envisagé comme un être social, sensible, en interaction avec les autres et avec son environnement et soumis par conséquent à toutes sortes d’influences. En d’autres termes, il peut sembler peu enclin à appréhender l’humain dans ses différentes dimensions d’être psychique, physique et social. De façon symptomatique, le recours pour excès de pouvoir, archétype du recours contentieux en droit administratif, n’est-il pas présenté, depuis la fin du XIX e siècle, comme « un procès fait à un acte » ? Il serait cependant inexact de postuler l’ignorance ou l’indifférence du droit administratif à l’égard de l’humain. Au contraire, il a par exemple été reconnu très tôt que le fonctionnaire pouvait se placer en dehors du service et commettre ainsi une faute engageant sa responsabilité personnelle par des actes qui révéleraient « l’homme avec ses faiblesses, ses
passions, ses imprudences ».
Le présent colloque entend s’interroger sur la dimension proprement humaine du droit administratif contemporain, sur la place que
la discipline fait à l’humain entendu comme l’être doué d’une conscience, ressentant des émotions, interagissant avec son environnement
et s’inscrivant dans un contexte social particulier.